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J'ai voulu rédiger cette page parce qu'il y a des choses que vous, clients d'AbracadaBulles ou d'autres savonniers, visiteurs du site, consommateurs de produits cosmétiques, devez absolument savoir.

La savonnerie fait partie du domaine très réglementé de la cosmétique et se soumet au règlement européen n° 1223-2009.

Pour pouvoir commercialiser des savons ou d'autres produits cosmétiques, le savonnier doit passer par des étapes obligatoires comme :

- se former car fabriquer du savon ce n'est pas recopier la recette du voisin en changeant la couleur ou le parfum pour la faire sienne. Les formules se réfléchissent et se créent en fonction des propriétés et des particularités de chaque ingrédient. Indice de saponification, indice d'iode, INS (Kézako ?) sont autant de paramètres à calculer pour aboutir à une formule stable.
La savonnerie n'est pas une tambouille approximative ;

- s'immatriculer en tant qu'artisan au répertoire des métiers et avoir un numéro de SIRET ;

- se déclarer en tant qu'établissement cosmétique auprès de l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé). Au même titre que l'URSSAF ou les services fiscaux, l'ANSM peut contrôler un artisan savonnier pour vérifier qu'il respecte la réglementation. Il est bien évident que le savonnier qui ne s'est pas fait connaître de l'ANSM ne sera jamais contrôlé ;

- rédiger ses Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF). Pas moins de 17 chapitres de procédures, de modes opératoires et d'annexes que le savonnier s'engage à respecter au quotidien : personnel, locaux, équipements, matières premières, production, produits finis, déchets, sous-traitance, contrôle qualité, déviations, etc.....  Et ce, quelle que soit la taille de la savonnerie. La demi mesure n'existe pas, la toute petite savonnerie artisanale est tenue aux mêmes règles que les plus grandes entreprises de l'industrie cosmétique ; 

- avoir un espace dédié à son activité professionnelle (atelier, labo). Un savonnier professionnel ne peut pas fabriquer du savon dans sa cuisine. Cela tombe sous le sens me direz-vous ? Et bien pas pour tout le monde ;

- rédiger une partie du DIP (Dossier Information Produit). C'est la carte d'identité du produit cosmétique. C'est la raison pour laquelle il est confidentiel. En cas de contrôle, la première chose que les autorités vérifieront est l'existence du DIP. Et à chaque produit son DIP ;

- faire évaluer chaque formule par un expert toxicologue ou un pharmacien avant la mise sur le marché. Le toxicologue rédige alors l'autre partie du DIP appelée "Rapport de sécurité". Il détermine ainsi que le produit ne présente aucun danger pour le consommateur. Il va sans dire que cette étape cruciale représente un coût considérable pour le savonnier. C'est pour cela que des "vendeurs de savons" choisissent de passer outre ;

- notifier chaque produit sur le portail du CPNP (Cosmetic Products Notification Portal) lorsque celui-ci a été validé et qu'il est prêt à être mis sur le marché. En ce qui me concerne, cette étape est toujours une joie car elle signe l'aboutissement d'un long travail ;

- informer le consommateur sur la composition des produits. Certaines mentions sont obligatoires sur un emballage : le nom du produit, la liste des ingrédients (INCI) par ordre décroissant, le n° de lot (traçabilité), le poids, la date de durabilité minimale (DDM), l'adresse de la personne responsable en cas de réclamation. Et même pour un savon non emballé, l'information doit être présente (pancarte, notice).

Le consommateur doit savoir ce que contient le produit qu'il achète.

Exigez d'être informé, quel que soit le lieu d'achat (marchés, salons, boutiques, etc...). C'est la loi et c'est aussi votre droit.

Un savonnier qui travaille en respectant les règles n'aura aucune difficulté à vous renseigner et prendra plaisir à partager avec vous son savoir-faire et sa passion.

Si vous n'obtenez pas l'information que vous êtes en droit d'obtenir, passez votre chemin.